
Notre époque déborde. Elle produit trop d'informations, trop d'images, trop de voyages, trop de flux, trop de congénères et trop de vitesse. Pour en avoir la maîtrise, il faudrait relier les tenants et les aboutissants, trier nos consommations, ralentir nos foulées et raréfier nos zigzags. Mais comment?
Il y a quelques siècles, les esprits savants et les esprits singuliers se sont rejoints d'une manière inattendue. Il ont collectionné ce qui les fascinait: des coquillages, des papillons, des objets ramenés de pays lointains ou des ustensiles familiers. N'importe quoi, pourvu qu'une collection pût s'ensuivre.
Puis ils ont entassé ces objets dans le plus grand désordre au retour de leurs exploration, ou les ont soigneusement classés, au contraire, de quoi constituer ce qu'on a nommé les Cabinets de curiosités – une préfiguration de nos musées d'ethnographie, d'histoire naturelle ou des beaux-arts, et le thème imposé des travaux présenté dans cette salle. Cette tradition vaut encore. Apprendre à regarder le monde qui nous environne pour y repérer ce qui nous intéresse, avant de hiérarchiser ce que nous retenons puis de l'assembler pour en aiguiser notre language, c'est la leçon moderne du Cabinet de curiosités, et c'est probablement l'enjeu majeur de l'enseignement.
Pour les étudiants de la classe de préapprentissage de cette école, ce fond de circonstances a fonctionné comme un trampoline. Ils s'y sont lancés pour en concevoir des cabrioles narratives, des rebonds iconographiques, des arabesques en trois dimensions, des tressauts obsessionnels ou des figures inspirées, en toute liberté révélatrice.
À vous la visite.
Christophe Gallaz, intervenant aux classes de préapprentissage