
La loi sur les produits chimiques (LChim) a pour objet la protection des hommes et des animaux contre les substances chimiques. Cette loi est bien sûr en relation avec les lois sur la protection de l’environnement (LPE) et des eaux (LEaux) mais aussi avec les lois sur le travail (LTr) et les assurances sociales. Toutes ces lois sont assorties d’ordonnances qui édictent toutes sortes d’obligations, de recommandations et de consignes.
La loi définit les substances dangereuses de la manière suivante.
«Sont réputées dangereuses les substances et les préparations qui peuvent mettre la vie ou la santé en danger par une action physico-chimique ou toxique.» (art. 3 LChim).
L’évaluation des dangers d’une substance ou d’une préparation se fait sur quatre axes:
Les voies possibles d’intoxication sont les suivantes (par ordre croissant de danger).
L’effet du toxique dépend de facteurs liés à la substance elle-même, à l’individu et à la manière dont s’est déroulée l’intoxication.
La caractérisation a pour but de mettre en évidence la dangerosité d’une substance et de pouvoir identifier immédiatement les risques encourus.
L’étiquetage des produits dangereux comporte les indications suivantes.
Les substances dangereuses doivent être contenus dans des récipients appropriés, clairement étiquetés et entreposés de manière ordonnée. On observera les points suivants.
Les substances dangereuses doivent être stockées dans des lieux biens signalés, dans des conditions tenant compte des indications figurant sur l’emballage ou la fiche de donnée de sécurité, et en particulier
Les substances dangereuses mises en vente font l’objet d’une fiche de donnée permettant d’identifier les risques et les modes de manipulation appropriés. Cette fiche doit être remise gratuitement par le fournisseur aux acquéreurs professionnels qui en font la demande. Cette fiche informe sur les points suivant.
Les déchets seront entreposés avec les mêmes précautions que les produits originaux. Il est interdit de mélanger des déchets de nature différente, d’une part parce qu’ils peuvent réagir violemment lorsqu’ils sont mélangés, d’autre part parce que leur mélange peut produire des substances plus dangereuses encore, enfin leur neutralisation peut être rendue plus difficile. La dilution des substances est également interdite. L’étiquetage des déchets spéciaux doit faire apparaître
Lorsqu’on utilise des produits dangereux, on doit veiller à ce qu’ils ne présentent pas de danger pour l’environnement ou pour l’homme. Ce devoir s’applique également à la manipulation des déchets qui en résultent (art. 28, § 1, LPE). Par conséquent, AUCUN DÉCHET TOXIQUE NE PEUT ÊTRE REJETÉ DANS L’ENVIRONNEMENT ! Les piles, les accus et les appareils électroniques constituent des déchets spéciaux qui doivent être collectés séparément.
Les fabricants doivent munir d’un pictogramme les produits qui présentent un risque particulier pour l’environnement et indiquer le mode d’élimination. Des pictogrammes complémentaires peuvent être ajoutés pour faciliter le tri des déchets qui peuvent ainsi être collectés dans des centres de ramassage de manière sélective, puis recyclés ou éliminés. Les petites quantités de produits non utilisés achetés dans le commerce de détail seront repris gratuitement par les détaillants. Les plus grandes quantités de produits dangereux et ceux issus d’activités professionnelles seront repris par les centres officiels de ramassage ou par des entreprises ayant les autorisations pour effectuer le transport et le traitement de telles substances.
La remise de déchets spéciaux fait l’objet d’un document de suivi permettant d’assurer que les déchets ont été effectivement et correctement éliminés (art. 6 OMoD). Ce document comporte notamment les indications suivantes:
La manipulation des substances irritantes et le lavage fréquent des mains peut favoriser l’apparition d’allergies à d’autres substances (par exemple aux agents développateurs). Il faut donc se prémunir contre les irritations de la peau, car une fois l’allergie déclarée – après quelques mois de travail déjà ou seulement après plusieurs années d’activité – la seule solution qui s’offre au malade est d’éviter totalement le contact avec la substance allergène, car il n’existe pas de traitement de désensibilisation contre les allergies de contact. Ceci peut signifier dans les cas sévères l’abandon du métier. Les précautions consistent à
Il faut savoir que la couche cornée de l’épiderme – c’est-à-dire la partie en contact direct avec l’extérieur – est de seulement 1/100ème de millimètre d’épaisseur, mais assure 80% de la protection offerte par le peau. Cette couche, régénérée par les cellules de l’épiderme, se renouvelle en trois semaines environ. La couche cornée doit donc rester souple et intacte car c’est le renouvellement des cellules de l’épiderme qui est perturbé lors de l’irritation, celles-là même qui régénèrent la couche cornée. Ce stade d’irritation, qu’il faut considérer comme un signal d’alerte envoyé par l’organisme, est encore réversible. L’allergie, subséquente à l’irritation, n’est plus réversible.
Le choix des gants doit être fait avec soins, car une matière inadaptées peut non seulement donner un sentiment de sécurité alors qu’en réalité elle est perméable aux substances toxiques mais aussi parce qu’elle peut elle-même provoquer des allergies – en particuliers le latex – ! Il faut donc considérer la matière des gants, leur épaisseur et leur temps de claquage, c’est à dire le temps nécessaire pour qu’un produit donné traverse le gant. En photographie, les gants jetables pour une utilisation de courte durée ou pour se protéger des éclaboussures peuvent être en vinyle, fin et confortable par exemple et les gants pour une utilisation de plus longue durée ou pour immersion peuvent être en néoprène, épais et moins confortables mais plus sûr et réutilisables (jusqu’à concurrence du temps de claquage).
En ce qui concerne les photographes, on pense plus particulièrement à la sécurité au travail lors de la manipulation de substances toxiques dont il a été question plus haut, mais il ne faut pas négliger non plus les risques d’accidents lors de la présence d’électricité (en particulier dans les locaux humides comme les laboratoires), lors de l’utilisation d’échelles ou du port de charges lourdes (en prise de vue par exemple). Le travail de longue durée à l’écran d’ordinateur peut aussi être source de nuisances. Pour tous ces domaines, il existe des prescriptions et des conseils publiés par la SUVA.
La loi sur le travail, la loi sur l’assurance accident et l’ordonnance sur la prévention des accidents et des maladies professionnelles précisent les obligations des employeurs et des employés en ce qui concerne la protection de la vie et de la santé des travailleurs. L’employeur doit en particulier prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les accidents et les maladies professionnels. Il doit aussi organiser le travail conformément aux règles de sécurité, s’assurer du bon fonctionnement des équipements de protection et de la conformité des installations et des machines avec la loi fédérale sur la sécurité des installations et des appareils techniques. L’employé doit, entre autres, observer les prescriptions de sécurité données par l’employeur et utiliser les équipements individuels de protection mis à sa disposition. Bien sûr, des sanctions administratives et pénales peuvent être prises contre ceux qui auraient mis gravement en danger leur vie ou celles d’autres personnes.