Etat de Vaud
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Centre d'Enseignement Professionnel de Vevey
Les Ecoles supérieures
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Illustration
 ? Jean Charpi? 1956 / Cours de photographie d'architecture donn? devant la villa Doret par Hermann K?nig en 1956
 
 

Avant propos

«Photographier, c’est s’approprier l’objet photographié. C’est entretenir avec le monde un certain rapport qui s’éprouve comme un rapport de savoir, et donc de pouvoir.»
Suzan Sontag: «Sur la photographie», 1977.

Depuis plus de cent cinquante ans, l’image photographique participe du quotidien de l’humanité. Elle supplante peu à peu l’écrit, ne se heurtant pas à l’illettrisme, forte d’une présomption d’objectivité, mais pouvant être chargée des émotions les plus fortes, voire les plus intimes, la photographie nous concerne tous. Photographié ou photographe, nous avons tous l’expérience de la «fabrication» d’une image «reproduisant» le réel, appropriation symbolique du vécu, et tous celle de la découverte ou des retrouvailles avec le passé. La photographie, reproduction et témoin de l’avance inexorable du temps, trophée de chasses passives... et nostalgiques.
C’est un statut de vérité incontestable, qu’a longtemps possédé la photographie, qui lui a permis de s’imposer comme média de masse, au service des vendeurs, d’idées ou de marchandises. Même si on la sait, et elle ne peut que l’être, manipulée, elle garde des accents de vérité qui font toujours mouche.
En permettant à l’oeuvre d’art d’être accessible en tout lieu et à tout moment par reproduction, la photographie modèle même notre relation à l’art: la copie remplace l’original, le format est standardisé pour assurer sa diffusion en masse.
Je photographie ce que je ne souhaite pas peindre et peins ce que je ne peux pas photographier, disait Man Ray. C’est la quatrième fonction de la photographie, celle où elle devient moyen d’expression de l’artiste, fonction à laquelle beaucoup aspirent...
Alors, quelle formation, pour quel photographe? C’est le dilemme permanent que vit l’Ecole de photographie depuis qu’elle a acquis son statut d’école publique en 1945 lors de son arrivée à Vevey. Le regard sur ses deux premières décennies d’existence auquel nous invite l’exposition «GETRUDE FEHR OU LA NAISSANCE D’UNE ECOLE» est captivant et rassurant... rien n’a changé! On retrouve actuellement les mêmes positions idéologiques, les mêmes critiques, les mêmes pressions, les mêmes espoirs, les mêmes interrogations.
Et toujours le même intérêt pour y entrer et pratiquement le même nombre de places!
Cinquante ans. Plus de mille élèves, aux quatre coins de l’Europe, voire plus à l’Ouest encore, des photographes travaillent, cherchent, s’expriment, galèrent peut-être, avec dans un coin de leur tête, le souvenir nostalgique d’un bord de lac, d’un coin de parc, d’un labo, sûrement d’un prof... c’était le bon temps de l’école, le rêve avant la réalité du métier.
Michel Berney Directeur de l’Ecole d’Arts Appliqués de Vevey

 

Charles Diserens

De mère russe, né à Moscou, Charles Diserens se marie à Petrograd en 1916. Pendant la période révolutionnaire, il aurait été fait prisonnier et aurait regagné la Suisse dans un train dont le retour fut autorisé en échange du renvoi de Lénine en Suède.
Ingénieur formé à l’Ecole polytechnique de Zurich, où il eut des contacts avec l’Institut de photographie, Charles Diserens fut engagé dans les années 30 par le fabricant de machines Sulzer qui le chargea du contrôle de ses produits en Chine et au Japon. Il y découvrit de superbes petites chambres photographiques de voyage en bois, de format 9x12 cm, et réalisa autant des photographies industrielles pour son travail que des images de voyage.
De retour en Suisse, il rencontre le photographe Gaston de Jongh chargé de la formation des apprentis photographes lausannois. Or, au début de la Deuxième Guerre Mondiale, les fonctions d’officier supérieur de Gaston de Jongh ne lui permettent plus d’assurer pleinement son enseignement. Il demande alors à Charles Diserens de le remplacer.
Etabli à Lausanne, Charles Diserens fut engagé dès l’ouverture de l’Ecole Fehr en octobre 1940. Il y enseigna la théorie photographique et poursuivit son activité jusqu’à son décès en août 1949.
Passionné par la photochimie, il expérimenta avec ses élèves foule de procédés photographiques, comme par exemple le tirage bromoil. Membre du Photoclub de Lausanne, il lui fit largement profiter de ses connaissances et y exposa souvent ses tirages.
Unanimement salué pour ses compétences Charles Diserens aura été, de par sa formation scientifique, le théoricien de l’école de photographie et ses ouvrages serviront de base à l’enseignement jusqu’à la fin des années soixante.

 

Claudine Peter

Vers 1940, Claudine Peter, fille d’un photographe libraire et papetier de Tavannes, également sœur d’un photographe, commence, avec un semestre de retard, l’Ecole de photographie en Suisse romande de Gertrude et Jules Fehr à Lausanne. Remarquée par ses maîtres, elle fut engagée, dès la fin ses études, comme assistante.
Selon le témoignage d’Yvan Dalain, elle a été pour Gertude Fehr, «ce qu’un chauffeur est au mécanicien d’une locomotive à vapeur». Encourageant les élèves, précisant les exigences, elle laissa aux anciens de Vevey le souvenir d’un dévouement et d’une gentillesse empreints d’une grande discrétion.
A l’ombre des deux fortes personnalités que sont Gertrude Fehr et Hermann Konig, elle a acquis une solide expérience d’enseignement.
A Vevey, elle eut la charge, malgré son statut de maître assistant, de la formation des élèves de première année. Très active dans le cadre des cours complémentaires, formation destinée aux personnes non qualifiées travaillant déjà dans la branche, elle assurera aussi une part importante de l’enseignement des cours couleurs qui permirent à bon nombre de photographes européens de maîtriser ces nouvelles techniques.
Au moment de la retraite de Gertrude Fehr et du départ de Hermann Konig, elle fut nommée maîtresse principale de la section de photographie dont le poste de doyen fut confié à Samuel Henchoz, qui lui enseignait le graphisme.
De nombreux élèves resteront très attachés à Claudine Peter, particulièrement ceux des années soixante, qui salueront son ouverture d’esprit, sa tolérance et sa modernité par opposition à la rigueur de Gertrude Fehr dont elle fut «l’héritière».

 

Hermann König

Hermann est fils de photographe. Il a travaillé auprès du photographe genevois Julien, chez Gaston de Jongh et fut ensuite employé par Karl Koch à Schaffuouse avant d’effectuer un stage sur les premiers procédés couleurs chez Uvachrome à Munich et reprendre l’atelier de son père à Soleure. Vers 1940, Hermann se voit confier la formation des apprentis photographes de Berne.
En 1942, Hermann fit partie de la délégation de l’U.S.P auprès de l’Ecole Fehr. Lors de la reprise de l’Ecole de photographie en Suisse romande par la commune de Vevey, Hermann devint membre de la commission technique de l’Ecole des Arts et Métiers, à nouveau en compagnie de Jacques Weiss et Gaston de Jongh. Ils participèrent ensemble au collège d’experts de la première session d’examens organisée à la Villa Doret en 1946. C’est à lui encore qu’Alfred Baumann, directeur de l’Ecole des Arts et Métiers, fit appel en février 1947 afin de réaliser une expertise de l’enseignement de la section de photographie.
Dans un courrier adressé à la Municipalité de Vevey en août de la même année, l’U.S.P. proposa Hermann comme successeur de Jules Fehr au poste de maître principal de la section de photographie. Hermann fut engagé et enseigna aux élèves de 3ème année. Il leur apporta une formation de photographie technique, industrielle, d’architecture mais aussi de portrait en leur demandant de «photographier des personnalités dans leur environnement personnel».
Considérant que «l’enseignement pratique de la photographie n’est possible que dix ans !!! au-delà, la routine s’installe, l’imagination fait défaut et l’expérience professionnelle ainsi que le contact avec la réalité sont trop «évaporés», Hermann quitta l’école en 1963 pour travailler complètement dans son laboratoire couleur ouvert à Vevey quelque temps plus tôt.

 

Gertrude Fehr vue par ses élèves

Fred Schmid, qui compléta sa formation pendant 3 mois à l’Ecole Publiphot de Paris, décrit Gertrude Fehr comme une femme passionnée: «enseignant tout!! de 9h. à 17h., en prenant la pose de midi en compagnie de la classe d’une dizaine d’élèves au «bistrot du coin». Elle les poussait à faire des expériences, à s’exprimer eux-mêmes, à découvrir leur propre créativité, ce qui déclenchait de très vives discussions, non seulement avec elle, mais aussi entre étudiants.»
«A Lausanne», se souvient Henri Saas, «tout le monde était très impressionné par cette photographe allemande, venant de Paris et ayant collaboré avec des maisons d’édition prestigieuses». A ses yeux, «elle était artiste, dure, très exigeante, mais peu méthodique dans son enseignement». Le photographe Théles Deprez, de Montana, parle «d’un volcan, d’un bulldozer, devant qui on tremblait comme des feuilles» et garde un souvenir fantastique de «l’Ecole Fehr où régnait une mentalité spéciale, un enthousiasme qui n’exista plus à Vevey».
Gertrude Fehr possédait un franc-parlé qui a marqué Jean Charpié: «allez raconter ça à votre Grand-Mère!» accueillait les justifications peu crédibles; «R....... vous êtes un cochon adulte!» saluait un personnage fâché avec la propreté du laboratoire, ou encore, le jour où l’appareil Ikoflex d’une élève chuta dans la cage d’escalier en se répandant en miettes aux pieds de Gertrude Fehr: un retentissant: «Ullmann, j’ai un appareil à vendre!!» résonna dans toute la Villa Doret.
Le manque de place dans la villa imposait un planning très rigoureux pour l’accès aux studios, obligeant les élèves à travailler vite, «pourtant», dit Marcel Stamm «si une photo n’était pas à «17h. juste» à la séance de critique, ça ne valait plus la peine de la présenter». Il parle aussi de l’intérêt de Gertrude Fehr pour la photographie elle-même et non pour la technique qui a permis de la réaliser. Souvent elle répondait la technique? Monsieur König vous expliquera».
James Perret, photographe publicitaire lucernois, démonstrateur de la première heure des fameux appareils suisses Sinar, évoque: «une personnalité remarquable, énergique. Un professeur affirmé, au goût avant-gardiste, lui ayant inculqué le sens de l’abstraction dans la publicité. Sa critique était sévère et partiale... beaucoup pleuraient...». Il ajoute: «elle nous a marqués définitivement, elle nous a donné la base sur laquelle nous avons pu appuyer toute notre vie professionnelle».
Yvan Dalain, lui, parle: «d’une locomotive extraordinaire... qui exerçait l’œil, nous apprenait à prendre du recul, à distinguer ce qui est nécessaire de ce qui ne l’est pas...nous apprenait la dramaturgie de la présentation d’un travail, d’un reportage, mais aussi à construire ce que l’on présente».
Lorsque l’on interroge Edgardo Nessi: «Gertrude Fehr? ...une émotion forte, un sergent-major... très compétente, elle m’a donné une dimension...».
Pour André Gazut, qui, avant d’être son élève, avait vu des travaux de Gertude Fehr dans une publication d’avant-guerre: «c’est la personnalité marquante de l’école, elle avait un passé, un regard. Elle existait même sans l’école, avait une renommée internationale, elle faisait partie des gens qui enrichissent le lieu où ils vivent».
Décrite par Francis Reusser: «Gertrude Fehr avait un tempérament d’artiste, autoritaire et étonnante, parlant plus de photo que de technique, ayant un esprit libre, elle savait repérer le talent».
Un autre cinéaste, Yves Yersin, parle «d’une voix de général prussien... elle avait une vision, une visée d’artiste. Lors des critiques, elle reprochait aux élèves de ne rien dire, de ne pas avoir de regard, de ne pas avoir de vision…»
Lorsque Gertrude Fehr prit sa retraite, ce fut l’un de ses anciens élèves, Oswald Ruppen qui vint compléter l’équipe d’enseignants. Il perdit rapidement sa place après avoir autorisé l’élève... Bruno Barbey à quitter l’école un mois pour réaliser un reportage commandé par...un certain Charles Henri Favrod...

 

Les 10 ans de l’école de photographie de Vevey

Installée depuis 1946 au parc de l’Arabie à Vevey, l’école de photographie est l’une des trois sections de l’Ecole des Arts et Métiers. Toutefois elle n’a pas été créée de toutes pièces, en une seule fois. Son histoire est plus complexe et puisqu’elle fête ses 10 ans, c’est le moment de la rappeler. Il existait à Paris, avant la guerre, une école de photographie et de publicité «Publiphot», dirigée par Mme et M. Fehr. En 1940, en raison des événements, elle fut transférée à Lausanne où elle resta 6 ans. Finalement, elle fut rachetée par l’Etat et la commune de Vevey pour devenir la troisième section de l’Ecole des Arts et Métiers. Durant ces 16 années d’existence en Suisse, elle a vu défiler plus de 300 élèves sous son toit, qui, par la suite, se sont dispersés dans le monde entier au gré de leurs aspirations.
Le statut de l’école s’est aussi modifié pendant ce temps. De privée qu’elle était au début, elle devint l’égal d’un apprentissage effectué chez un patron, avec un nombre d’élèves limité pour ne pas encombrer la profession. Aujourd’hui elle reçoit, pour une durée de trois ans, y compris un stage pratique d’une année, des élèves suisses et étrangers, dès l’âge de 16 ans révolus. Un examen-concours d’entrée est obligatoire et seuls les dix meilleurs candidats sont admis à commencer un temps d’essai de trois mois. Après quoi, s’ils montrent de bonnes dispositions pour la profession de photographe, ils reçoivent un contrat qui les lie à l’école. Les finances d’école se montent à Fr. 130.– par semestre pour les Suisses et à Fr. 235.– pour les étrangers. Les frais de matériel, films, papiers, etc. sont à la charge des élèves, occasionnant une dépense de Fr. 40.– à 50.– par mois.
En plus d’un apprentissage complet, l’activité de l’école s’étend aussi à des cours de perfectionnement et de préparation à la maîtrise fédérale, ainsi qu’à des cours de photographie en couleur réputés bien au-delà de nos frontières. L’équipement technique, dans ce dernier domaine, est tout à fait moderne et les travaux que nous avons pu voir réalisés sont de très bonne qualité.
Malheureusement la place manque et il entre dans les préoccupations de la direction et du Conseil communal de Vevey de construire une nouvelle Ecole des Arts et Métiers où toutes les sections –il y en a trois– étalagistes-décorateurs, peinture et photographie, puissent être ainsi réunies dans un même bâtiment et disposer de la place nécessaire.
Bien que disposant de 4 étages dans la villa Doret, l’école de photographie est à l’étroit. Les studios et les laboratoires exigent beaucoup de place et si l’on songe que 40 à 60 personnes doivent parfois y travailler, on conçoit qu’il faudrait deux à trois fois plus d’espace pour assurer de bonnes conditions d’enseignement.
Au sous-sol de l’école sont réunis les laboratoires réservés à la photographie en couleurs et à la reproduction. Puis chacun des trois étages restants est attribué à une classe de première, deuxième ou troisième année. Chaque volée dispose d’une salle de classe, de deux studios de prise de vue, l’un pour la nature morte, l’autre pour le portrait, d’un grand laboratoire avec agrandisseurs et copieuses et d’un second laboratoire réservé au traitement du matériel négatif et au chargement des films.
Suivons si vous le voulez bien le cycle qu’entreprend un «bleu», c’est-à-dire un nouvel arrivé. L’année scolaire débute au début d’octobre et aussitôt l’élève est mis en contact avec la pratique. Certains éléments de base sont expliqués au départ, puis l’on s’attaque à la nature morte, avec petit à petit des difficultés de composition et d’éclairage. Simultanément on enseigne les traitements négatifs et positifs : développement des films, copies et agrandissements de positifs. La retouche et le collage vont de pair avec le travail de laboratoire, si bien qu’après quelques semaines, l’élève commencera de créer une collection de ses œuvres, qui, au bout de 3 ans, comptera plus de 300 travaux personnels. Avec le temps, s’acquiert une certaine dextérité dans le travail, si bien que le portrait peut être abordé. Puis viendront le reportage, l’architecture, la mode, l’industrie, etc., toutes branches que ne peut ignorer un photographe moderne. Divers procédés nouveaux et spéciaux, la reproduction, la photographie en couleur viendront compléter l’enseignement, si bien que 3 ans sont juste suffisants pour arriver à maîtriser chacun de ces domaines très divers.
Signalons encore le photo-montage, quelques éléments de publicité, à quoi viennent s’ajouter des cours de technologie, chimie et optique, ainsi que des branches complémentaires, telles que dessin, comptabilité, correspondance, histoire de l’art, etc.
Le succès de l’école de photographie a dépassé, nous l’avons dit, le cadre de la Suisse. Dans chaque classe on rencontre plusieurs jeunes Français et Belges, qui apprennent à Vevey le beau métier de photographe. Certains anciens élèves sont déjà réputés et leurs noms s’inscriront un jour parmi l’élite des photographes mondiaux. Ceci est dû en grande partie à l’excellente base qui leur a été donnée par les professeurs de l’école, Mme Fehr et Mlle Peter, MM. Curchod et König. Ils donnent le meilleur d’eux-mêmes pour former des photographes dignes de ce nom et qui feront honneur à cette profession. Toutefois l’école, pour éviter le risque d’un enseignement en vase clos, dont l’élève serait le premier à souffrir, a rendu obligatoire un stage d’un an chez un photographe établi. Ainsi l’élève se rend compte exactement des exigences de son futur travail et pourra déjà amorcer un début de spécialisation. Car si une profession est vaste, c’est bien la photographie; qu’elle soit dirigée vers la publicité, l’industrie, la mode, la couleur ou la reproduction, elle utilise toujours les mêmes bases précises et ce sont ces éléments primordiaux que donne l’école. Libre ensuite au jeune homme ou à la jeune fille, en possession du certificat de capacité donné après un examen de deux jours et demi, de s’orienter vers le domaine qui lui semble le plus propre à satisfaire ses désirs.
Il n’est pas exact de prétendre que la photographie est un métier encombré et où l’on gagne mal sa vie. Pour ceux qui sauront s’élever avec ambition et persévérance au-dessus d’un travail vite satisfaisant, il y a de belles perspectives offertes, dans toutes les branches. Qu’ils n’oublient jamais à qui ils sont redevables de leurs connaissances et qu’ils aient une pensée pour leurs professeurs, entre autres M. Charles Diserens, mort en 1949, auteur de deux ouvrages sur l’optique et la chimie photographiques qui font date aujourd’hui encore, s’ils sont trop loin dans le monde pour venir à Vevey, les 12, 13 et 14 mai prochains, lorsque l’école de photographie fêtera son dixième anniversaire de bon travail et de succès. C’est là notre voeu d’ancien élève.
Jean Charpié
Article paru en 1956 dans «Pour Tous» et «Radio-TV Je Vois Tout» à l’occasion du 10ème anniversaire de l’ouverture de l’Ecole de photographie à Vevey.

Gertrude Fuld
Photographe à Munich

Gertrude Fehr est née sous le nom de Fuld, à Mayence en Allemagne, le 5 mars 1895. Elle a vingt ans en 1915 et a vraisemblablement servi comme infirmière auprès des armées allemandes, soignant les soldats blessés.
Gertrude Fuld souhaitait devenir juriste, comme son frère, mais les résistances faites à une femme désirant embrasser cette carrière l’ayant dissuadée, elle choisit donc la photographie.
Entrée en apprentissage en 1918, à l’atelier munichois du photographe Wasow, portraitiste, elle le quitte au bout de trois ans estimant sa formation achevée et ouvre son propre atelier de portrait à la Französicherstrasse. Deux ans plus tard, un directeur de théâtre remarque une excellente photographie de sa propre fille et décide de confier la réalisation des images de son théâtre à l’auteur de cette image, Gertrude Fuld.
De 1927 à 1933, son atelier est florissant: selon un rapport établi par Jules Fehr, son futur mari, en 1946 «En portrait: une clientèle nombreuse appartenant à la société, les cercles intellectuels et artistes. Reportage industriel et théâtre: photographe attitrée des Théâtres d’Etat ... contrat fixe également avec l’Edition Münchener Neueste Nachrichter... ainsi qu’avec les agences publicitaires telles par exemple: Erwin, Warey & Co New York, Londres (publicité des assurances Gotha) etc ..., etc ..., l’atelier occupait six photographes. Distinctions: médaille d’Etat.»
C’est en effet à Munich qu’elle a rencontré son futur mari, le peintre suisse Jules Fehr, étudiant à l’Académie. En 1933, ils quittent l’Allemagne où vie à Munich, la vie dans le Reich était devenue compliquée, pas très agréable, alors mon mari et moi nous avons décidé de partir pour Paris et d’ouvrir une école de photographie parce qu’on nous promettait un bon gain à Paris».
Ce départ leur fera échapper aux persécutions dont seront victime les populations juives d’Allemagne. La même année, elle obtient la Médaille d’or de la Triennale de Milan pour la photographie de théâtre.

 

Publiphot
Enseignement de la photographie et de l’art publicitaire

En 1934, Gertrude Fuld et Jules Fehr fondent l’Ecole Publiphot à la Rue Simon Dereure 15 à Montmartre. Gertrude Fuld en est la Directrice.
Le choix d’enseigner les applications publicitaires de la photographie est novateur : Jules Fehr met à profit sa formation des Beaux-Arts pour apprendre à ses élèves «l’art publicitaire, l’histoire de la photographie, l’histoire des impressions graphiques et l’histoire de la lettre».
Un licencié ès sciences, René Servant, donne les cours d’optique et de chimie photographique alors que Paul Kovalski enseigne, à titre temporaire, la trichromie. Gertrude Fuld se charge elle de la photographie pratique assistée par Hanele Ausher, elle aussi d’origine allemande.
En 1937, le succès est certain. Installée dans cinq grandes salles, l’école offre une formation, bien entendu de photographie de portrait, mais aussi de prises de vues d’objets, de nus, d’architecture ...
Gertrude Fuld obtient une médaille à l’Exposition internationale de Paris et «des élèves reçurent des distinctions comme: les Médailles d’Or et d’Argent de l’Etat français de l’Ordre et de la Couronne de Yougoslavie» ainsi que d’autres récompenses françaises, mais aussi des Pays-Bas.
Les élèves qui n’étaient pas, comme le dit Gertrude Fehr, des «petits enfants», étaient âgés de 18 à 25 ans et provenaient de différents pays comme le Suisse Fred Schmid ou encore une élève estonienne, Mlle Makowski.
Mais la trêve fut de courte durée : le 15 mars 1939, les troupes allemandes entrent à Prague. Gertrude Fuld et Jules Fehr se marient le 25 février de la même année et prennent la décision de transférer l’école de Paris en Suisse avec l’aide de la légation suisse en France.

 

L’école de photographie en Suisse romande

Après avoir quitté Paris, les époux Fehr s’établissent à Genève et cherchent à relancer leur école. Au mois de mars 1940, à l’instigation du Conseiller d’Etat Paul Perret, ils proposent à la Ville de Vevey l’annexion de l’Ecole Publiphot à celle des Arts et Métiers. Mais, le 16 mai 1940, ils font volte-face, ayant obtenu des locaux offerts par le Département de l’instruction publique à Lausanne, ville dans laquelle ils ont emménagé le 28 avril.
Le 7 octobre, l’Ecole de photographie en Suisse romande ouvre ses portes au premier étage du N° 17 de l’avenue Juste Olivier, dans un appartement de douze pièces. Jules Fehr en est le Directeur.
Contrairement à l’opinion des experts de l’époque, qui affirmaient qu’une telle école aurait un nombre quasi nul d’élèves en temps de guerre, celle-ci accueille vingt-deux étudiants en 1940, puis quarante-quatre l’année suivante; ceci malgré un écolage fort élevé de mille francs suisses par année.
Face à ce succès, les époux Fehr, qui louent maintenant eux-mêmes les locaux, s’étendent au rez-de-chaussée. Leur école dispose ainsi de vingt-cinq pièces.
Jules et Gertrude Fehr se répartissent l’enseignement comme à Paris; et Charles Diserens, qui a déjà remplacé Gaston de Jongh pour la formation des apprentis photographes lausannois, assure les cours théoriques.
Souhaitant obtenir la reconnaissance officielle l’école, Jules Fehr entame des démarches auprès de l’Office fédéral de l’industrie, des arts et métiers et du travail (OFIAMT).

 

L’école Fehr et l’Union suisse des photographes

Lors d’une séance d’une commission de l’Union suisse des photographes (U.S.P.) chargée de rédiger un nouveau règlement d’apprentissage, Gaston de Jongh, photographe lausannois, s’inquiète de cette «photographe allemande blonde qui expose dans les couloirs du gouvernement vaudois et forme en deux ans une multitude de photographes qui assurément satureront le marché».
L’U.S.P. s’inquiète de ce fait auprès de l’OFIAMT. Or, les démarches faites par Jules Fehr auprès de ce même Office pour obtenir la reconnaissance de l’école ont échoué, Berne désavouant le fait «d’admettre n’importe qui en qualité d’élève et pour n’importe quelle durée».
L’U.S.P. se voit, en retour, mandatée pour visiter l’Ecole de photographie en Suisse romande. Une délégation, composée de Jacques Weiss, président, de Gaston de Jongh, du photographe genevois Boissonnas et d’Hermann Konig, rencontre les époux Fehr à Lausanne. Ceux-ci se voient obligés d’accepter un accord qui entre en vigueur en 1944. Il stipule que la formation passe de deux à trois ans, qu’elle est reconnue par l’OFIAMT mais sous le contrôle de l’U.S.P. Les examens sont organisés selon le règlement fédéral et l’U.S.P. fournit les experts. Enfin, l’école s’engage à ne former que dix photographes suisses ou ayant le droit de travailler en Suisse par année.
Fort de cet accord, l’U.S.P. dut ensuite défendre très fermement l’école face à M. Schwander, Directeur de la section formation professionnelle de l’OFIAMT, argumentant qu’il s’agissait d’un «cadeau pour les photographes suisses» ne disposant que de quelques places de formation à la Kunstgewerbeschule de Zurich, dont la section photographique fut fondée en 1932 par le photographe allemand Hans Finsler.
Face à ces contraintes, l’avenir économique de l’école s’assombrit et Jules Fehr renoue contact avec l’Ecole des Arts et Métiers de Vevey.

 

L’école de photographie de Vevey

Après l’ouverture de l’Ecole Fehr à Lausanne, «un certain contact se maintient» avec Alfred Baumann, directeur de l’Ecole des Arts et Métiers de Vevey. Fin septembre 1944, Jules Fehr «parle de la réorganisation de son école, qui lui est imposée par l’Union suisse des photographes (U.S.P.) et ne ... cache pas ses craintes pour l’avenir». De son côté, Gaston de Jongh, s’exprimant au nom de l’U.S.P. «considère M. Fehr et sa femme comme peu sympathiques mais très capables» et confirme que «l’association envisage la reprise de l’Ecole Fehr et l’éventualité de M. Diserens comme directeur».
Le 14 mai 1945, Jules Fehr se déplace à Vevey et annonce «qu’il ne peut continuer à exploiter son entreprise dans les conditions qui lui sont imposées par l’U.S.P» et, dit encore le rapport d’Alfred Baumann: «fait comprendre qu’il préférerait voir son école rattachée à la nôtre plutôt que de dépendre de l’U.S.P. uniquement».
Au 1er juin, Alfred Baumann a obtenu un préavis favorable tant de l’OFIAMT que du Département de l’instruction publique et de l’U.S.P.
Le 29 juin, la Municipalité de Vevey présente le projet d’acquisition de l’Ecole Fehr au Conseil communal. Elle relève le «manque d’une école capable d’assurer une formation complète répondant aux exigences fédérales ... et ... enfin ayant des tarifs accessibles aux personnes de condition modeste». Il est proposé d’acheter le matériel à M. Fehr pour la somme de Fr. 21’500.–, de réaliser pour Fr. 11’000.– d’aménagements dans la Villa Doret et d’assurer le fonctionnement de l’école dès la rentrée de 1945 à Lausanne. Le déménagement à Vevey n’aura lieu qu’en avril 1946.
A la même époque, Lausanne propose aussi d’acquérir l’Ecole de photographie pour l’intégrer plus tard dans une école de cinéma en projet. Finalement, le rattachement de l’Ecole de photographie Fehr à l’Ecole des Arts et Métiers de Vevey est décidé par le Conseil d’Etat du canton de Vaud, le 4 septembre 1945.

 

La Villa Doret

La propriété de l’Arabie fut, pour une partie, donnée à la commune de Vevey par les frères Jean-Samuel et Samuel-Louis-Albert Reser en avril 1918, puis vendue pour la seconde en mars 1919.
La Villa Doret fut ensuite louée par Charles Grand d’Hauteville, avant d’accueillir des classes de l’école supérieure jusqu’à l’été 1945, pour ensuite céder la place à l’Ecole de photographie.
Le budget prévu pour l’aménagement se révéla insuffisant. Alfred Baumann, directeur de l’Ecole des Arts et Métiers invoqua alors «le très mauvais état de l’immeuble» et «les renseignements incomplets reçus de M. Fehr ...». Des travaux s’étalèrent jusqu’en 1947, mais l’Ecole de photographie prit déjà possession des lieux à Pâques 1946.
Du 11 au 13 juillet 1946, la Villa Doret accueille les premiers examens de fin d’apprentissage. Ils ne correspondent pas aux attentes de l’U.S.P. Dans un rapport rédigé le lendemain, les experts, MM. Weiss, président, de Jongh et König, constatent que :
– le portrait est très bien enseigné mais ne correspond plus qu’à 20% du marché,
– l’enseignement de la photographie d’architecture est pratiquement nul,
– la technique d’éclairage pour les poses publicitaires ou d’architecture est insuffisante ...
de plus, des reproches sont faits au sujet de la rapidité d’exécution des élèves et de leur consommation de fournitures. Enfin, le matériel est lui aussi sévèrement critiqué.

 

L’affaire Fehr

L’esprit d’indépendance des époux Fehr et les attentes de l’Union suisse des photographes furent, dès les premiers jours, difficilement conciliables. Si tous reconnaissent les capacités de Gertrude Fehr, son mari ne jouissait pas de la même unanimité. Jules Fehr, maître principal, n’était pas photographe. Il proposait dans son enseignement une utilisation de la photographie comme élément graphique au même titre que la lettre, le texte ou le dessin. Face à lui, une corporation, qui connaissait fort bien son propre marché où cette tâche était déjà largement dévolue aux graphistes, servait, elle, de conseil à une administration publique peu préparée à ce genre de débat.
Parallèlement à cela, les époux Fehr s’intègrent difficilement dans la discipline de l’école vaudoise et refusent de voir leurs élèves réaliser les travaux demandés par les autres sections de l’école. Le 9 décembre 1946, Alfred Baumann, directeur de l’Ecole des Arts et Métiers, souhaite augmenter le nombre d’élèves de la section et écrit à la Municipalité de Vevey pour dénoncer, «l’opposition de M. et Mme Fehr». Le 14 février 1947, un ancien élève, fils de photographe, écrit pour se plaindre de la qualité de la formation reçue.
En février 1947, M. Hermann Konig est mandaté par la direction pour réaliser une expertise du fonctionnement de la section de photographie. Dans son rapport, il suggère une «extension de l’enseignement professionnel proprement dit, et de limiter l’enseignement artistique (publicité, dessin, etc ...). Tout en conseillant de libérer Jules Fehr de ses heures de présence dans l’école en dehors de ses périodes de cours».
Le 6 juin, dix-neuf élèves écrivent au directeur, Alfred Baumann, pour dénoncer la trop grande intimité qui lie Jules Fehr à l’une des élèves et se plaindre des injustices qui en résultent. Après enquête, le 17 octobre 1947, le Conseil d’Etat prend acte de l’abandon de toute activité à l’Ecole des Arts et Métiers de Vevey de Jules Fehr. L’Ecole des Arts et Métiers engagera alors Hermann comme maître principal.
Gertrude Fehr ne désavouera jamais son mari, pas plus qu’elle ne fera le moindre reproche aux élèves.

 

L’enseignement de la couleur

A Paris déjà, l’école s’intéressait à la couleur; Paul Kovalski y donna un cours sur la trichromie. A la fin des années 30, Hermann passa, lui, quelques mois chez Uvachrome à Munich, travaillant sur les premiers procédés couleurs. Le Jos-Pe, appareil de prise de vue trichrome, est mentionné dans l’inventaire de l’école de Lausanne, enfin en 1946 les élèves s’initièrent au développement des Autodromes Lumière sur support souple, les Lumichromes.
A la fin des années 40, Gertrude Fehr et Hermann suivirent ensemble des cours d’une semaine, d’abord chez Gevært en Belgique, puis à Leverkusen, au siège d’Agfa.
En 1949, Hans Stalder, jeune remplaçant de Charles Diserens, enseigna la couleur dans le cadre des cours complémentaires et réalisa les premiers Dye Transfert à l’école. Il se passionna pour le sujet au point d’être engagé une année plus tard par Tellko.
En 1950, l’école créa une structure d’enseignement de la couleur selon le procédé négatif-positif. 34 cours d’une semaine, accueillant des élèves par groupe de 5 ou 6, en provenance de Suisse, de France, d’Italie ou de Belgique furent organisés jusqu’à l’arrivée d’Albert Curchod en octobre 1952.
Ayant déjà assuré avec succès la succession de son maître, Charles Diserens, pour la formation des apprentis photographes lausannois, Albert Curchod donna, en compagnie de Claudine Peter, une nouvelle impulsion aux cours couleur. Passionné de technique, ingénieux et habile négociateur, Albert Curchod obtint tant des équipements que des facilités de la part des fournisseurs. C’est surtout avec la Tellko Française que la collaboration devint particulièrement efficace.
En mars 1954, Albert Curchod fut invité à l’exposition Franciphot à Paris pour y donner un cycle de conférences. A son retour, la Tellko Française demanda «une direction unique des cours confiée au Professeur Curchod» et que «des sessions soient prévues pendant les vacances d’été».
Voyages et conférences se succédèrent. Un congrès international de photographie couleur fut organisé à Orléans, en 1957, par Jean-Jacques Ruffet, successeur d’Alfred Baumann à la direction de l’Ecole des Arts et Métiers. Albert Curchod présida le «deuxième congrès de photographie en couleur sur papier» de 1958 à Saragosse et participa à la première exposition de photographie couleur sur papier de Washington.
La formation donnée à Vevey concernait surtout les procédés Tellko et Agfa. De grands laboratoires, comme Bauchet à Paris, y formèrent leurs employés. Des cours spéciaux furent organisés; les cadres de la Société Lumière ou encore les techniciens de Ferrania vinrent y acquérir leur savoir-faire.
En 1958, Albert Curchod épousa une élève et quitta l’école pour s’occuper de son entreprise de photographie et de sérigraphie, Sericolor, créée quelque temps plus tôt. Il lança sur le marché suisse les produits Letraset...

 

La formation

Ayant choisi la photographie par passion, par hasard, ou sur le conseil d’un proche, les élèves photographes jouissaient tous d’une bonne formation préalable. Venant de toute l’Europe, ils étaient, au début, simplement admis pour une période d’essai de 3 mois.
Plus tard, face à son succès, l’école organisa un concours d’entrée. Plus d’une centaine de candidats y participaient en rédigeant deux textes, dont l’un répondait à la question: «pourquoi voulez-vous être photographe?». Ils étaient ensuite soumis à un test avant de réaliser un dessin jugé pour ses qualités de composition. Vers la fin des années 50, une session était même organisée à Paris pour répondre à la très forte demande française.
Seule une vingtaine d’élèves étaient accueillis à la Villa Doret où la diversité des conceptions de la photographie des enseignants leur offrait une formation très étendue, complétée par des intervenants extérieurs qui apportaient leur maîtrise de nouvelles techniques.
C’est ainsi que Hans Carl Koch présenta les nouvelles possibilités de prise de vue offertes par son appareil à banc optique, la Sinar, et fit, en compagnie de James Perret et de Heinrich Schellenberg, fondateur de Studio 13, le premier laboratoire de développement Ektachrome en Suisse, des démonstrations de prises de vues couleur, mélangeant la lumière du jour à d’importants éclairages d’ampoules flash au magnésium. Dimitri Rebikoff, lui, fit des démonstrations de photographie ultra-rapide avec ses premiers flashes électroniques.
L’avènement de ces nouvelles techniques et le développement de l’offset qui diminua les coûts et simplifia l’impression de la photographie transforma le métier de photographe. Les travaux publicitaires devenaient leur principale source d’activité. Mais les élèves avaient leurs propres affinités, et si certains sont devenus des photographes publicitaires réputés ou des reporters de talent, d’autres ont choisi le cinéma ou la télévision et quelques-uns même ont vu leurs œuvres reconnues, voire devenir célèbres.

 
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Remerciements

Le Musée suisse de l’appareil photographique et l’Ecole d’arts appliqués de Vevey remercient les personnes qui, par leur aide et leur amabilité, ont permis la réalisation de cette publication:

LA FONDATION SUISSE POUR LA PHOTOGRAPHIE,
Monsieur Walter BINDER.

LE MUSEE DE L’ELYSEE,
Messieurs Charles-Henri FAVROD et Christophe BLASER.

Ainsi que Mesdames et Messieurs:

Jean CHARPIE, Luc CHESSEX, Gilbert COUTAZ, Albert CURCHOD, Yvan DALAIN, Théles DEPREZ, Claude et Elisabeth FRANCOIS, André GAZUT, Marcel GLASSON, Marjolaine GUISAN, André HALTER, Monique JACOT, Hermann KONIG, André MASSON, Edgardo NESSI, James PERRET, Jacques PETER-CONTESSE, Françis REUSSER, Oswald RUPPEN, Fred SCHMID, Jeanloup SIEFF, Hans STALDER, Marcel STAMM, Heidi VIREDAZ-BADER, Yves YERSIN.

 
 
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